#42 Le lapin tend l’oreille : Adolescence et douleur

Bonjour à tous !

Aujourd’hui nous recevons Emeline, kinésithérapeute auprès des enfants et des adolescents qui vient nous parler de la douleur des ados et plus particulièrement les lombalgies. Quelle prévalence, quel impact sur leurs quotidiens ? Elle nous raconte l’équilibre délicat entre la nécessité de dépister et prendre en charge sans inquiéter.

Bonne écoute !

Les références bibliographiques

  • C’est dans la revue systématique de Kamper et al de 2017 (fin 2016) que le mal de dos arrive en 9è position des problèmes de santé déclarés par les 10-14. Il passe en 4ème position dans le groupe 14-19 ans. C’est ici aussi qu’on remarque que jusqu’à 60% des enfants oublient un premier épisode de lombalgie.
  • La prévalence des lombalgies communes (sans étiologie spécifique retrouvée) est fréquemment évaluée autour de 85%. De même, on évoque entre 80 et 90% de risque pour chacun d’avoir un jour mal au dos. Ce sont des chiffres dont nous avions recherché la source pour le podcast et qui malheureusement sont loin d’être fiables.
  • En cas de douleur précoce ou de fausses croyances, la prévalence des lombalgies pourrait augmenter dans ces groupes et la douleur se chroniciser plus souvent. Les adolescents déclarant une lombalgie supérieure à 30 jours seraient plus à risque de déclarer des douleurs à l’âge adulte.
  • Les anomalies radiologiques retrouvées chez l’adulte dans les populations asymptomatiques ont été étudiées par Brinjikji en 2014. Leur prévalence est très importante et augmente avec la classe d’âge. Infographie par kinéfact
  • Le screening systématique du dos des enfants a été abandonné du fait de surdiagnostics.
  • C’est en 2017 que O’Sullivan et son équipe se sont intéressés à la lombalgie des adolescents et les facteurs de risques identifiés. Aussi surprenant que ça puisse paraître, le poids du cartable et la posture ne sont pas en lien avec les épisodes douloureux. En revanche, le temps d’écran à 14 ans par exemple et corrélé au risque de déclarer une lombalgie à 17 ans. Il relève également une forte prévalence de la lombalgie d’environ 50% chez les adolescents interrogés.
  • Peter O’Sullivan est à l’origine d’une approche de la lombalgie appelée Thérapie fonctionnelle cognitive pour la lombalgie qui vise à prendre en compte dans le traitement les croyances du patient vis à vis de son dos. Il s’inscrit en cela dans démarche biopsychosociale.
  • Chez l’adolescent, on retiendra comme drapeaux rouges (= signes devant éveiller notre vigilance et requérir à un avis médical) :
    • La durée supérieure à 4 semaines
    • La raideur matinale, blocages
    • Les signes généraux (fièvre/perte de poids/malaise…)
    • Les signes neurologiques.

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