#43 : L’entorse de cheville, pas si casse-pied avec les lapins !

Bonjour à tous !

Dans cet épisode nous faisons le point sur une pathologie très courante, l’entorse de cheville. Nous avons tous connu, vécu ou soigné quelqu’un qui en a été victime. Mais connaissons nous vraiment les mécanismes, la façon d’évaluer ou de rééduquer une entorse ? Notre invité Hadrien s’est plongé dans les dernières données disponibles à ce sujet et ce qu’il a trouvé va vous surprendre !

Bonne écoute

Les références bibliographiques

  • Nous avons évoqué un total de 6000 passages aux urgences pour entorse par jour qui visiblement ne repose sur aucune étude fiable récente. Cette donnée a pourtant été relayée par et à de nombreuses reprises par exemple ici via l’ordre des kinésithérapeutes.
  • Les dernières recommandations de la HAS pour la prise en charge des entorses de cheville datent de 2000. Malgré une mise à jour en 2006, il est possible qu’une partie des données aient été remises en question depuis.
  • De nouvelles recommandations sont sorties en 2018 dans le BJSM, signées par Gwendolyn Vuurberg.
    • Elle y rappelle que l’immobilisation stricte n’est pas supérieure à une immobilisation relative
    • Qu’il est possible d’avoir des symptômes au-delà de 4 à 6 semaines et jusqu’à plusieurs années
    • Elle y évoque l’absence de supériorité des adjuvants sur placebo (voir sur rien)
    • Mais également l’absence de consensus sur le risque de récidive après un premier épisode, récidive qui pourrait simplement être liée à une coincidence statistique plutôt qu’à une fragilité acquise.
  • Lorsque nous évoquons 80 à 84% de risque d’avoir un jour mal au dos, nous faisons référence à notre 5ème épisode où une vérification plus approfondie nous a amené à découvrir qu’initialement, le risque se situe entre 11 et 84%. Le 11% ayant bizarrement été oublié en route.
  • Définir l’entorse par le mécanisme lésionnel et non plus par les lésions décelées ou les symptômes est proposé par exemple ici : La cheville instable 1st Edition
  • Pour ce qui est des critères d’OTTAWA qui permettent d’exclure la présence d’une fracture associée à l’entorse, ils sont résumés dans cette infographie. Ils sont très pertinents dans les 48h après le traumatisme et s’ils sont négatifs, on peut raisonnablement exclure le risque de fracture et donc la nécessité d’imagerie.
  • C’est dans cet article de Briet en 2016 qu’il est démontré que les facteurs psychosociaux sont plus déterminants des variations de symptômes que la physiopathologie de l’entorse en elle-même. D’où l’intérêt de les considérer aussi dans des pathologies qu’on pense donc, à tort, purement mécaniques.
  • La HAS a récemment actualisé ses recommandations pour la prise en charge des lombalgies. Elle y introduit l’idée que la rééducation n’est pas forcément systématiquement nécessaire. Elle y évoque aussi le système des drapeaux (voir-ci dessous) qui rappellent combien des éléments autres que biomécaniques peuvent être des facteurs pronostic de l’évolution des symptômes ou en favoriser la chronicité.
  • Nous n’avons pas trouvé de données sur la réduction des arrêts de travail pour lombalgie suite aux campagnes de santé publique, en revanche il semblerait qu’elles aient été efficaces pour lutter contre des croyances pouvant conduire à demander un arrêt de travail. Ici, le pourcentage de patients interrogés pensant que le repos est le premier traitement de la lombalgie a baissé de 68 à 45%.
  • Les ultrasons ont été longtemps et beaucoup proposés comme base de rééducation des anomalies tendineuses et ligamentaires. Malheureusement ici en 2015, il a été démontré sur des épaules, que ça n’apportait rien de plus face à un placebo ou en complément d’exercices versus exercices seuls.
  • L’intérêt de la thérapie manuelle post-entorse a été discuté ici par exemple.

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