Bonjour à tous!
Nous inaugurons une nouvelle catégorie avec cet épisode : Les questions du lapin. Un format un peu plus court, autour d’une question centrale, simple, enfin simple, si on y parvient. Aujourd’hui :
Faut-il déconstruire les croyances du patient lorsqu’elles nous paraissent délétères pour sa guérison, encore plus lorsqu’elles ont été induites par d’autres professionnels de santé ?
Les références bibliographiques
- Cette question nous a été envoyée par l’un des participants au questionnaire que nous avons lancé à l’occasion de l’épisode 19, le patient dont vous êtes le kiné.
- Le retour de flamme a été évoqué dans la formation thérapie fonctionnelle cognitive donnée par Wim Dankaerts à l’Agence EBP où il expliquait un abord inadapté des croyances peut tout simplement renforcer ces mêmes croyances et donc être contre-productif. Il évoquait la possibilité de « rouler avec résistance« , valider ou tout du moins ne pas contredire le patient qui évoque une croyance mais l’amener à la questionner sur un temps plus long et avec une participation active.
- L’Entretien Motivationnel est un style de conversation collaboratif permettant de renforcer la motivation propre d’une personne et son engagement vers le changement. Voir AFDEM. C’est un outil intéressant pour améliorer la compréhension de la situation pour le patient mais aussi induire une motivation pérenne au suivi des consignes données.
- C’est auprès de Greg Lehman que nous avons retenu l’idée de valider auprès du patient ce qui lui fait du bien et auprès de Benjamin Schoendorff que nous avons vivement été incités à utiliser un outil très simple permettant de classer les bénéfices des interventions selon leur durée d’action.

- La recherche de traitements passifs, la croyance quant au lien entre douleur et lésion mais aussi le catastrophisme sont des des facteurs psychosociaux de passage à la chronicité également appelés Drapeaux Jaunes. On les retrouve notamment dans la campagne 2019 de la HAS pour la lombalgie qui insiste toujours plus sur l’importance du mouvement.

- Lorsqu’on a évoqué le mythe qui veut que la course à pied abîme les disques intervertébraux, nous pensions aux résultats de cette étude de 2017 qui semblait montrer des disques de meilleure qualité et même plus épais chez les coureurs que chez les non-coureurs. D’ailleurs dans cette étude observationnelle sur 6 patients ayant couru chacun plus de 1000 marathons, aucune anomalie supérieure aux anomalies normalement retrouvées avec l’âge n’a été retrouvée que ce soit au niveau des disques mais aussi au niveau des genoux de ces patients. Aucun d’entre eux ne présentant d’arthrose avérée des genoux, ce qui semblerait aussi invalider la thèse du danger des impacts sur les articulations de genou.